Cette page est une reproduction très légèrement remaniée des messages de Joël décrivant ce qui s'est passé dans l'entrepôt où Jack et Manarion se sont battus, avant l'arrivée de Jack, puis après.
Participants :
Jack et Manarion (aka Henry McNeil), la doublure d'Amber, Kamui (Ne me demandez pas, je ne sais pas non plus qui c'est).
Henry MacNeil vient de finir ses préparatifs.
Il sait que son ennemi de toujours ne tardera pas. Il regarde une dernière fois
autour de lui si tout est prêt :
L'entrepot semble tout droit sorti d'un film, avec ses caisses empilées dans
tous les coins, ses grues, ses montes-charges, le bureau du patron avec le
coffre-fort derrière le tableau, les fenêtres sales, la fille crucifiée...
Quoique, le coffre-fort derrière le tableau n'est pas obligatoire...
La malheureuse a beaucoup souffert. Bien que vampire, ses blessures ne se referment pas. Pourtant, ce n'est pas le sang qui manque, puisque Henry l'a bien nourrie avant et pendant les opération de chirgurie.
Un peu plus tôt dans la soirée :
Quand Henry est arrivé, il n'a pas fait dans le détail : sans un mot, ses ongles parfaits sont devenus de longues griffes argentées.
Il allait commencer quand une voix s'est faite entendre. Une voix douce, suave
mais en même temps autoritaire, masculine et sure d'elle :
« Tu ne dois pas faire cela, Manarion... Tu ne dois pas
réveiller le fauve qui dort... »
Puis, celui qui avait prononcé ces quelques mots s'était montré, au sommet d'une
pile de caisse. Son acoutrement n'avait rien d'original, puisqu'il s'agissait
d'un pyjama noir. Enfin, d'un costume de ninja, avec le masque qui lui cache la
bouche. A sa main gauche, un sabre oriental. Henry, sans se retourner,
répondit :
« Tu es venu sauver ton petit frère, Kamui ? C'est
inutile. »
Henry se retourna à ce moment, pour voir atterir devant le dénommé Kamui,
qui avait jugé bon de faire un petit saut perilleux du haut de sa caisse.
Ses yeux trahissait son origine aussi surement que son arme et son nom : un
asiatique. Il répondit :
« Ceci est mon dernier avertissement. »
« Félicitation pour avoir passé à travers les mailles du filet... Je pensais que ce lieu était bien protégé... A mon tour de te demander quelque chose... »
L'homme dénommé Kamui reste silencieux, sur ses gardes, tandis que Henry attend
un peu avant de poursuivre, un sourire carnassier sur les lèvres :
« Je te demande de mourir ici. »
Henry se jeta sur le ninja toutes griffes dehors, au sens propre comme au
figuré. Ce qui suivit fut un ballet mortel. Le ninja avait toutes les peines du
monde à se montrer suffisemment rapide et habile pour éviter les coups portés
par les deux mains griffues de Henry, et il reculait sans cesse. Une série de
pirouettes l'emmena hors de portée de Henry, et le ninja disparut derrière les
caisses. Quand il réapparut, il surprit Henry par sa vitesse et sa précision.
Les griffes se levèrent pour parer le coup... trop tard...
La tête de Henry roula derrière une caisse, son corps s'affala lourdement sur le
sol...
Kamui se dirigea vers la croix ou la malheureuse femme était clouée, toujours
baillonnés.
« Vous n'avez plus rien à craindre... »
Il sauta prestement sur une caisse à coté d'elle pour se mettre à bonne hauteur,
et lui enleva son baillon.
Pour toute réponse, la prisonnière ouvrit des yeux terrifés, fixant un point en
contrebas.
Kamui sembla comprendre en la voyant que quelque chose ne tournait pas rond : il se retourna, sabre en avant pour se protégéer, mais peine perdue : dix longues griffes d'argent s'enfoncèrent profondément dans sa poitrine.
Henry était là, la tête sur les épaules, un sourire narquois aux lèvres :
« Merci d'avoir accédé à ma
requête. »
Les yeux de Kamui reflètèrent une certaine incompréhension. Le sang coulait
abondamment de ses blessures, mais il n'eut pas le temps de parler : Henry
tourna un peu ses mains et les écarta d'un seul coup, déchiquetant sans
rencontrer de résistance le torse de Kamui. La vie avait déjà quitté son corps
une fois, et la dernière étincelle s'apprêtait à disparaitre. Le corps du
vampire tomba, tandis que les griffes d'argent s'acharnaient sur lui à une
vitesse incroyable. Le temps que ce qui reste de Kamui touche le sol, Henry en
avait fait de la charpie. Les restes tombèrent en poussière...
Il ne restait plus que le sabre, que Henry ramassa négligemment.
Puis, il s'approcha du clone d'Amber :
« Désolé pour ce contretemps, très
chère. »
Fin du flasback.
Henry regarde le corps d'«Amber», satisfait de son travail. Il n'a
presque pas touché au visage, si ce n'est pour graver un petit coeur percé d'une
flèche avec un «J» et un «A» sur une joue, au moyen
d'une griffe pour que ça dure plus longtemps.. Il a également coupé la langue de
la malheureuse avec le sabre, puis l'a clouée avec, juste à coté sur la croix.
Le résultat n'est pas des plus réjouissant, mais n'est rien comparé à ce qu'il a
fait subir au reste de son corps : il a amputé une main et une jambe au
niveau du genou, lacéré, tranché, coupé, écorché... Le corps de la malheureuse
n'est plus qu'une gigantesque plaie impossible à régénérer.
Durant toute l'opération, du sang en grande quantité a été fournie à la
malheureuse pour éviter qu'elle ne perde connaissance.
Henry s'est assis, et il la regarde. Il a bien travaillé : elle est encore consciente, et pas complètement folle. Enfin, à vu de nez.
Le portail dimensionnel (ou peu importe son nom) se résorbe. Jack se tient là, à la place de la lumière aveuglante qui a signalé son arrivée. Il a son arme à la main, il regarde autour de lui...
Et son regard se pose sur la crucifiée. Sa mâchoire inférieure s'affaisse, ses épaules aussi... Il avance vers la victime de Manarion, la garde baissée, les yeux exorbités. Il pourrait porter une enseigne lumineuse vendue par Lyle qui dirait «j'en crois pas mes yeux, c'est pas possible», ça ne serait pas aussi explicite que l'expression de son visage.
Près de la tête d'«Amber» se trouve la langue de la vampire, fichée
dans la croix par le sabre de Kamui. Manarion sort de l'ombre près de la croix
et dit :
« Bienvenue mon vieil ami... excuse le désordre,
j'ai eu une visite impromptue. »
Pour ponctuer ses dire, il ôte le sabre de la croix, et tandis que le bout de langue tombe par terre, il se laisse tomber de la caisse ou il était perché.
Jack, qui n'a pas quitté celle qu'il prend pour Amber des yeux, tourne enfin la
tête vers Manarion, qui se tient là, à 3 mètres de lui, un sourire narquois au
coin des lèvres, le sabre posé sur l'épaule.
Jack parvient enfin à répondre à son ennemi de toujours :
« Comment... comment as-tu
pu ? »
Manarion ne se départit pas de son sourire et comment à parler :
« Et bien, c'est simple, je l'ai tout d'abord
clouée, puis comme elle criait beaucoup, je lui ai arraché la langue, ensuite
j'ai légèrement incisé.... »
Mais Jack n'écoute plus. Il se jette sur le chirurgien improvisé un cri de rage montant dans sa gorge. Il frappe de toutes ses forces, visant la tête, mais Manarion s'attendait à ce genre d'agression violente : il n'a eu qu'à déplacer légèrement « son » sabre pour parer le coup.
« ... sa paupière gauche. Comme ça saignait beaucoup, et que je voulais qu'elle voie ce qui allait lui arriver, j'ai cautérisé en chauffant... »
Jack porte des coups répétés, violents, aveugles et sans effet. La rage dans laquelle il est le rend si prévisible que Manarion bloque sans peine tous les coups tout en continuant ses explications. L'épée de Jack commence à briller d'un halo bleuté... Finalement, la puissance que le vampire met dans une de ses attaques fait que le discours de Manarion est coupé, on peut le dire, au moment ou le sabre du regretté Kamui se brise net. La lame bleue s'enfonce dans l'épaule de Manarion, qui jette la lame brisée vers la gorge du vampire, le forçant à esquiver, ce qui permet à Manarion de s'écarter.
« La colère t'aveugle et t'affaiblit... C'est parce que tu ne t'abandonnes pas complètement... »
Ses paroles semblent faire de l'effet sur Jack, qui s'interrompt. Il regarde
Amber et dit :
« Pardon. »
En entendant ça, Manarion crache par terre. Son épaule n'a déjà plus la marque du coup qu'il vient de prendre. Il lève une main vers son visage, paume vers l'extérieur. Un par un, les cinq ongles deviennent cinq longues griffes argentées, s'allongeant doucement.
Manarion dit sur un ton un peu déçu :
« Tout ça ne serait pas arrivé si tu m'avais
sauvé... la première, la deuxième, ou la troisième fois... Tu as eu tant
d'occasions... A croire que tu le fais exprès pour que je revienne à chaque fois
plus en colère. Que vas-tu faire maintenant ? »
Jack se retourne. Son visage est un masque ne laissant paraître aucune émotion.
Sa voix, par contre, est déterminée :
« Te tuer. »
Manarion sourit :
« Après presque un millénaire à sauver la veuve
et l'orphelin, sans jamais tuer, ton instinct de tueur se réveille... pour
moi... »
Il sourit, fait une courbette :
« Je suis flatté. »
Jack se jette à nouveau sur lui, sans mot dire. Mais il n'y a plus cette rage
aveugle qui l'empêchait de se battre. Le combat prend une autre tournure :
Manarion est obligé d'utiliser ses deux mains pour contenir l'assaut et pendant
une longue minute, il ne fait rien d'autre que reculer tout en se défendant. Il
est toujours aussi bavard par contre :
« Hey, tu t'es amélioré depuis la dernière
fois... mais tu vas vraiment me tuer ? Ou attendre que quelqu'un d'autre le
fasse pour toi ? Tu en auras le courage ? Tu n'as plus peur de
reprendre le goût du sang ? Et elle ? Tu y a pensé ? Elle est
fichue, elle le sait, ça fait des heures qu'elle essaie de refermer ses plaies
sans succès... La dernière chose qu'elle va voir, c'est son chevalier servant
renier ce qu'il est... Et après, tu vas la tuer toi pour abréger ses
souffrances ? Je peux le faire si tu veux, on interrompt le combat, elle
souffrira moins longtemps comme ça, et tu ne te saliras pas les mains sur la
femme de ta vie... enfin, de ta mort, puisque la femme de ta vie, c'était
Laureen. Au fait, tu penses toujours que tu vas la retrouver quand tu mourras
vraiment ? »
Ces dernières paroles font que Jack s'énerve de nouveau, et Manarion profite de la brèche pour contre-attaquer. Avait-il besoin de ça ? Difficile à dire, tellement le combat est violent, les coups rapides et la haine présente entre ces deux adversaires de toujours. Manarion devient silencieux, il se concentre, et ses griffes touchent Jack au ventre. Puis, une deuxième fois à l'épaule. La cuisse est lacérée, elle aussi. Jack recule. Pourtant, alors que l'épée qu'il tient lui d'une lueur bleue-verte, ces blessures, portées par les griffes de Manarion, se referment.
Et le combat se poursuit Jack touchant maintenant Manarion a plusieurs reprises, comme s'il était galvanisé par ses propres plaies.
Cinq minutes passent, sans que la situation ne change : les blessures se font plus nombreuses, mais se referment toujours pour les deux adversaires.
10 minutes ont passé maintenant. Jack assène un coup particulièrement vicieux
sur le poignet de Manarion, lui tranchant net la main droite. Celui-ci lâche un
grognement de rage, fait un demi tour sur lui même pour frapper Jack, qui bloque
et contre-attaque : mais sa lame est bloquée par 10 griffes d'argent.
Jack n'en croit pas ses yeux pour la deuxième fois depuis qu'il est entré dans
cet entrepôt. Mais cette fois-ci, il est en plein combat, et c'est une erreur
fatale qu'il vient de faire : son mouvement ralentit un bref instant,
laissant à Manarion l'occasion de lui planter cinq griffes dans l'estomac.
Manarion ne s'arrête pas là : il soulève ainsi Jack du sol, mais ce dernier (Jack, pas le sol) lui envoie un crochet du gauche dans la figure. Manarion lâche Jack, recule, sonné, mais se reprend et se jette à nouveau dans la bataille, alors que Jack fait de même. Mais cette fois, ses blessures sont profondes et la lumière qui émane de son épée est de plus en plus verte tandis que le sang vampirique coule sur le sol.
Manarion décide de parler à nouveau, mais est cette fois beaucoup moins
prolixe :
« Tu as perdu, mon vieil ami. »
Malgré des signes de fatigue évident, Jack reprend le combat. Mais pas il ne le mène pas, loin de là. Manarion s'amuse à l'épuiser, le blessant à plusieurs reprises d'estafilades sans gravité, mais qui sur la durée affaiblissent de plus en plus le vampire. Son épée brille un peu moins, ses blessures ne se referment plus comme avant...
Manarion frappe, les doigts tendus et serrés, visant le coeur du vampire. Jack réussi dans un effort surhumain à interposer son épée. Les pointes des griffes d'argent traversent la lame avant de s'arrêter à quelque centimètres de la poitrine de Jack. Manarion n'a pas le temps de retirer ses griffes de l'épée qu'une sorte de fumée verte et bleue s'échappe par les trous dans la lame en tourbillonnant. La fumée forme deux volutes qui rentrent en contact avec les yeux de Jack, qui lache son épée, le corps secoué comme par une décharge électrique. Jack pousse un grand cri et tombe à genoux, le corps arqué en arrière, tandis que Manarion prend l'épée de sa main libre et tire violemment pour dégager sa main. Une lueur d'inquiétude passe sur son visage.
Manarion finit par retirer ses griffes de la lame, la brisant en deux au passage. Jack relève les yeux sur Manarion, des yeux dans lesquels brûlent une lueur malsaine. Jack approche ses mains l'une de l'autre, comme s'il tenait un ballon. Il sourit en voyant ce qui vient d'apparaitre entre ses mains et la tête que fait Manarion. Ce dernier est complètement incrédule : une petite flamme, de la taille de celle qu'un briquet pourrait produire, flotte entre les mains de Jack.
Manarion déglutit. Il ne sais plus quoi dire, et ça se voit :
« C'est.... impossible. »
Jack lui sourit toujours, le genre de sourire qui indique qu'il va arriver des bricoles à celui qui a le malheur de poser les yeux dessus. Puis son sourire devient une grimace tandis que la flamme grandit. Quand elle a à peu près la taille d'une balle de tennis, Jack jette sa main dans la direction de Manarion. La flamme est propulsée sur lui sans qu'il puisse l'éviter : Elle le percute en pleine poitrine, ce qui le fait tomber à la renverse. Jack se propulse alors sur son ennemi, attrape les deux morceaux de ce qui fut son épée et en plante un dans le poignet de Manarion, jusqu'à la garde. Fichée dans le sol, le morceau d'épée coince ainsi le bras de Manarion. Jack enfonce alors l'autre morceau dans le coeur de son adversaire. Ca n'empêche cependant pas Manarion d'essayer de se dégager. Jack tend le bras vers le morceau d'épée de Kamui et réitère l'opération avec l'autre poignet. Puis, il se relève et regarde Manarion à son tour crucifié, mais sur le sol, se débattre et essayer de se dégager.
« Arrête de gigoter ! »
Jack fait apparaitre une deuxième flamme dans sa main et la propulse sur le
ventre de Manarion. Les vêtements brûlent un peu, tandis que Jack se
détourne et viens se placer près d'Amber, qui doit toujours être consciente
grâce à la perfusion qui l'alimente. Jack lui passe la main sur la joue
intacte en un geste tendre. Dans son autre main, dans son dos, une petite
flamme a commencé à apparaitre.
Il parle d'une voix triste :
« Tu dois savoir qu'on ne peut rien faire pour
soigner ça... Une simple estafilade demanderait des mois de soins magiques...
Ça prendrait des années rien que pour refermer les plaies, et on ne
pourrait rien faire pour les amputations... Je ne veux pas que tu souffres aussi
longtemps pour rien. Je ne te demande pas de me pardonner, je n'en ai pas le
droit. Adieu. »
Il dépose un baiser sur les lèvres d'«Amber» et ramène sa main devant lui, approchant la flamme magique de la vampire. Les flammes prennent rapidement et Jack s'éloigne pour regarder pendant quelques instants la crucifiée brûler. Puis il se retourne vers Manarion et commence à le bombarder de ces petites flammes. La flamme de haine qui brillait dans son regard plus tôt et qui avait disparu pendant qu'il faisait ses adieux à Amber, a réapparu. Manarion ne crie pas, mais se débat toujours tandis que tout son corps prend feu. Puis, il finit par cesser bouger. Jack s'approche, lui flanque quelques coups de pieds. Aucune réaction. Puis, il se dirige vers la sortie de l'entrepot, sans un regard en arrière.