
« Je m’en moque, des vampires… Je dirais même que je m’en fous… Je n’aime
pas non plus les topinambours, tout est une histoire de goût et d’intérêt. »
Lyle in « S-Express »

Fiche signalétique
Apparence
Histoire
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Typhaine
Lyle et la Cave
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L’affaire « Eventar »
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La rencontre avec Floria
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Le hitmark
Lyle et vos persos
Son entrée dans la Cave
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Identité réelle : Inconnue
Nature : Grosbill latent. Perforateur de l’univers, agrafeur de mages, fouteur de gueule et qui sait : maître du monde cosmique ?
Pseudo : Il s’est présenté à Floria comme s’appelant Samuel Daniels Denriksen alors qu’ils se trouvaient tous deux au Caméléon’s Bar à Lomé et que Léonide, l’employé, désignait toujours Lyle sous le patronyme de Monsieur Sam. La seule explication de « Sam » fut la suivante :
Il s’essuie le coin de la bouche, celui qui lui permet de sourire :
« Non… Attendez… C’est dans la Cave qu’on me
présente sous un autre nom !
Dès que je suis entré, j’ai vu un type se faire descendre sous les yeux de
tout le monde sans que cela paraisse choquer qui que ce soit… Puis on me
dit que je n’ai pas à m’en faire puisqu’il s’agit d’un
vampire… Sur ce, on me déclare comestible et une jeune femme, sexuellement
très attirante, me propose de devenir son esclave goule. Vous pensez sérieusement
que j’allais me présenter sous mon identité la plus courante ? Ici, je
suis Monsieur Samuel Daniels Denriksen… mais continuez à m’appeler
Lyle, ça ne me dérange aucunement. »
Rôle : Pilier de comptoir
Pouvoirs connus : En tant que personnage sacré « Meilleur Bourrin 2003 » au Grosbill Awards de mars, Lyle dispose d’une série de talents aux origines inconnues.
Alliés connus : Aucun
Ennemis connus : Typhaine ?
Type de folie : Indéterminable mais probablement mythomanie
L’apparence de Lyle est assez quelconque, hormis peut-être pour ses cheveux blancs ondulés tirés vers l’arrière. On sait avec certitude que la pigmentation de sa chevelure disparaît après l’utilisation d’un de ses pouvoirs et s’allie généralement au chromatisme rougeâtre de ses yeux fatigués. Son regard est inexpressif et le coin de sa bouche est toujours relevé en un sourire ironique et parfois suffisant.
Pour le reste, Lyle semble avoir une petite trentaine d’années perdues aux tréfonds de son bronzage nord africain et de son rasage pas toujours impeccable. Il mesure environ 1 mètre 85 pour 80 kilos harmonieusement répartis. Sa musculature est exemplaire et semble parfois tirée des catalogues sportifs.
Il est généralement vêtu d’un costard noir et porte souvent des lunettes de soleil pour masquer ses yeux rougis.
Il est arrivé une fois de les voir saturés de vert, mais pas longtemps puisqu’il a rapidement baissé la tête.
Parler de l’enfance, de l’histoire et de la vie de Lyle serait une gageure de pollution. Personne ne sait rien de ce qu’est Lyle ou de ce qu’il a vécu et c’est tant mieux ainsi. On sait simplement que, selon ses dires, il est ou a été VRP en enseignes lumineuses. Plusieurs phrases oubliées par sa condescendance tentent de laisser supposer qu’il a bien plus que ce que son âge laisse entrevoir, comme à peu près tous les clients de la Cave, d’ailleurs. Aucune de ses identités ne semblent valables. Par contre, on sait, grâce à Floria qu’il souffre de diabète et qu’il ingurgite régulièrement une sorte de mélasse verte, antidote à ce mal du siècle.
Lyle se tourne de nouveau vers Floria et lui adresse un franc sourire. Il fouille un instant dans sa mallette, dérangeant de vieux catalogues plissés et froissés, mais ne permettant pas à Floria de voir ce qu’il y a en-dessous. Il en tire alors une pipette et un flacon contenant un liquide vert pâle… L’étiquette du flacon a été arrachée, mais il est évident qu’il contenait ou contient toujours un médicament. Lyle plonge la pipette dans le récipient, en tire quelques gouttes du liquide qu’il dilue dans un petit verre d’eau spécialement apporté par Léonide… Il touille ensuite et relève le regard vers Floria en rentrant la tête dans les épaules, un peu contrit :
"Hmmm… Diabète !"
Il avale le tout, ferme les yeux, pousse un soupir et fait jouer les articulations de son cou… Puis, il reporte son attention sur Floria.
Lesdits magasines ont livré leurs secrets également : de divers catégories, tous annotés dans une langue qui ressemble à du grec ancien, du moins une version moins « primitiv ». Floria a émis l’hypothèse dès lors que Lyle était un alien au chômage venu étudier la civilisation terrienne. Et pourquoi pas, après tout…
Lorsque Floria a accompagné Lyle au Togo, elle est entrée avec lui au Cameleon’s bar ou Léonide, l’employé, a, à plusieurs reprises, fait mention de Typhaine qui, selon toutes apparences, ne désire qu’une chose : entrer en contact avec Lyle. Ce dernier, cependant, l’évite à chaque fois, même s’il est évident qu’ils se sont déjà croisés.
« Quant au gosse… Il s’agit de Typhaine Njaddar, la fille d’un de mes clients. Le vieil homme est propriétaire d’un immense commerce dans le sud de la ville et de nombreuses succursales. J’étais son fournisseur marketing, notamment en enseignes… Le contrat stipulait un paiement sans traites en 10 mensualités… Au bout des 10, le compte n’y était toujours pas. J’ai envoyé quatre avis, le dernier étant suivi par accusé de réception et surtout par huissier. Celui-ci a pu constater que le contrat n’était pas respecté. Durant le courant de la semaine prochaine et selon mes instructions, et celles de l’agence que je représente, il devrait sévir. »
Il hausse les épaules :
« Je pense que vous avez compris la suite… Ce vieil enc’ emmerdeur, si vous me passez l’expression, de Théo Njaddar m’envoie sa petite fille de 18 ans, pieds nus et sans le sou, afin de m’attendrir et me faire revenir sur mes positions… ce type dispose de dix fois plus de pognons que n’en a coûté cette campagne publicitaire *il désigne les affiches Coca-Cola* et maintenant, il se permet de faire entrer en scène une gamine qui n’a rien demandé à personne et qui devient le jouet de ses lubies ! »
Il se cale dans son siège. Il avait perdu le sourire un instant, mais il revient tout de même.
La véritable nature de Typhaine n’a pas été révélée, mais il est évident que Lyle se fournit soigneusement en bobards dès qu’on aborde la question.
Dans la Cave, il y a plusieurs catégories de population :
Oui, je crois que ça résume assez bien la position du personnage. Constamment affalé sur le comptoir, les yeux explosés et la fatigue grandissante, Lyle demeure un être imperturbable qui passe son temps à boire du café et à discuter avec les éventuels serveuses. Pour le reste, il ne sert à rien. De temps à autres, il se retourne et lâche une phrase, à l’adresse d’un client, dégoulinante de méchanceté gratuite, de cynisme et d’une ironie malvenue. Dès lors que tout le monde le connaît, chacun a pris le partie de l’ignorer. Lyle parle mais n’agit pas, c’est une certitude. Et encore parler… Ses perceptions sont elles-mêmes décalées. Il ironise sur tout et déconsidère chaque chose. Tout ce qu’il attend, c’est une baston et il n’y participe qu’une fois sur dix. Il a même tenté d’en provoquer et dans ses acmés se débrouille très bien à ce jeu. Le reste du temps, je l’ai déjà dit… Il ironise, il boit du café et se plaint du manque de spéculos.
Trois événements ont réellement vu Lyle comme protagoniste et non comme spectateur passif :
Non, mais ça ne serait-y pas tonton Tatar qui a encore laissé ses mains sur les miches d’une cliente ? Ben si, une fois de plus, c’est que tonton Tatar, il ne fait pas dans l’innovation. Hop, un summon de Gordon plus tard et Eventar est à terre. Je ne dis pas qui dispose du sort summon de Gordon car vous pleureriez sur son niveau. En tout cas, une fois le gay prider aux charentaises roses immobilisé, il s’agissait de se prendre la tête sur son cas.
Lyle est dès lors intervenu vivement en clamant à ceux qui l’écoutaient encore qu’il verrait bien ledit Eventar expédié en orbite autour de la planète des singes. Il s’est alors ouvertement frité avec Gordon et d’autres partisans d’une cause plus pacifiste. C’est aussi là qu’il a pris la mesure de l’existence et du pouvoir des mages.
Il se recale dans son siège et regarde par delà la fenêtre.
C’est alors qu’une main se pose sous son menton, et tourne sa tête vers elle. Elle pose ses lèvres sur celle de Lyle et l’embrasse longuement, sa main restant sous le menton du VRP. Ses lèvres ont un goût sucré.
Elle reprend sa place après les premiers coups de klaxon : le feu est passé au vert ; elle redémarre. Un sourire flotte sur ses lèvres.
Lyle lui n’a pas l’air d’en revenir. Il n’a pas du tout répondu au baiser de Floria. Du moins, il s’est laissé passivement faire. Son haleine est légèrement et agréablement parfumée, malgré les tonnes de café qu’il ingurgite. Par contre, il a les lèvres froides, pas du tout sucrées et peut-être un peu sèches. Il a fermé les yeux, froncé les sourcils et il se frotte maintenant les paupières en crispant les mâchoires. Il redresse la tête et fixe Floria. Il a perdu son sourire. Il n’a pas l’air contrarié, juste effroyablement neutre :
« Pourquoi avez-vous fait ça ? C’est très agréable… Je ne connaissais pas… »
Son sourire revient progressivement, tandis qu’il passe doucement le bout de la langue sur ses lèvres :
« Vous êtes vraiment délicieuse, mais je ne comprends toujours pas… »
Non, madame, aurais je bien lu ? Quelqu’un aurait embrassé ce gros con de Lyle et sur la bouche, en y faisant des papouilles avec la langue ? mais c’est pas dieu possible !!!
Au moins, on est désormais quasiment sûr que Lyle n’est plus puceau du gosier, enfin, euuh, je sais pas… Bref, le VRP le plus blasé de l’univers a donc bien eu une aventure sentimentale avec Floria. Enfin, elle a duré le temps du passage ci-dessus. A deux, ils ont visité Lomé, New-York et la voiture de Gary ! Par contre, les parties intimes de leur moi profond, ils n’ont ni exploré, ni visité. Visiblement, le guide était malade.
Oui, c’est tout. Une aventure romantique avec Lyle ne prend pas plus de place.
Un jour, il y a un robot qui a voulu passer le concours PE à l’IUFM. Il a demandé à faire une année de stage avec Thérèse la chiu… la môme d’Hélène, une gamine qui, visiblement est passée plusieurs fois à la casserole. C’est marrant, mais Lyle était visiblement contre le fait qu’un robot puisse se présenter aux concours de l’administration. Il s’y est donc vaillamment opposé comme en témoigne ce magnifique c/c (c’est marrant, mais on dirait que je présente une séquence de Vidéo Gag)
Lyle, qui hésitait jusque là à intervenir se décide enfin… Il zyeute Fabien derrière le robot, Hélène qui va se faire torcher, fronce un sourcil, pousse un soupir et finalement se fend d’un petit :
« Bon, eh bien tant pis… »
Vraiment blasé…
Tout aussi brusquement que le robot a dégainé ses griffes, il détend son bras et de sa main nue se saisit de ces dernières (je parle des griffes, hein). Il hausse un sourcil quand il se rend compte que les lames pénètrent sa chair, mais aucun sang ne coule… ses doigts sont d’une résistance à toute épreuve…
De son regard glacé, blasé, fatigué, il fixe la machine et commence tendrement à serrer les lames qu’il maintient dans sa poigne. Le battement de son cœur devient soudainement plus profond ; à cet instant précis la serre du VRP range les étaus au rang de presse-purée. Oui, là, il n’a plus rien d’humain. Il penche doucement la tête, hausse un sourcil tandis qu’un petit craquement dans sa colonne vertébrale paraît presque témoigner qu’il prépare autre chose :
« Je n’aime pas l’agressivité gratuite ! Cela génère du bruit… Et je hais le bruit ! »
Il serre encore, le traitement est dantesque : la force de Lyle, quoi que
progressive, ne semble pour l’instant ne connaître aucune limite.
Et les lames lui rentrant dans les os n’ont pas l’air de l’émouvoir
surtout que son ossature a l’air drôlement costaud.
Petit à petit, dans un crissement strident d’acier tordu, les griffes ploient pour finir par être toutes écrasées et ne plus ressembler à rien.
Du coup, Lyle retire sa main tranchée de toute part… de profondes coupures qui mettent les os à nu, mais qui n’ont vraiment pas l’air de le faire souffrir, stigmatisent ses phalanges… Il a toujours l’autre main dans sa poche d’ailleurs comme s’il…
Ah ça y est, profitant du fait que son corps s’est adapté suffisamment et que la créature ne réagit pas, il balance son poing tailladé en direction du plexus de la machine… Le tout est réalisé à une vitesse magistrale, avec ce même flegme qui demeure la seule caractéristique de Lyle. La puissance de l’impact est telle que la main du VRP est littéralement liquéfiée. Les os et les tendons explosent sous le choc, envoyant des échardes de phalanges aux pieds du robot ; les doigts du malheureux, quant à eux, se brisent contre la carcasse d’acier sous l’onde de force qu’il vient lui-même de déployer :
« Mince, je fais le coup à chaque fois… »
Il récupère la charpie brisée qui lui tient lieu de main. Aucune goutte de sang ne perle, bien que le cœur du grosbill continue de battre furieusement.
La carcasse métallique part en arrière et recule jusqu’au mur près de la porte. L’impact est très nettement visible dans la poitrine du robot. On voit d’ailleurs quelques petits bouts d’os qui restent accrochés. Le robot est moins vaillant depuis l’onde de choc. Enfin il a l’air de se secouer. On pourrait croire qu’il rit. Il regarde Lyle et les deux mitrailleuses parlent en même temps. Un nuage de balles se dirige vers sa personne.
Le VRP, main gauche dans la poche, l’autre pendant lamentablement à son côté
encaisse la salve sans broncher… Son cœur bat à tout rompre ; le rythme
ferait pâlir le Docteur Chabrol. La multitude infinie de balles crée de minuscules
impacts sur ses vêtements comme autant de gouttes de pluie.
Aux pieds du grosbill, les munitions s’amoncellent innocemment et diligemment.
En tout cas, le cœur du monstre est un TGV lancé à grande vitesse, son sourire au coin des lèvres appartient désormais au domaine du rictus et une veine furieuse palpite sur sa tempe, grossissant et élargissant le domaine du possible à vue d’œil. Ses yeux sont d’un noir profond tandis que des larmes vertes claires s’écoulent du creux de ses paupières, inondant ses joues d’un ruissellement mordoré.
La pluie de balles se poursuit et Lyle encaisse… Il est décidément invulnérable.
Un tressaillement pourtant…
Brusquement, la veine de sa tempe explose littéralement… La partie gauche de son visage est inondée de sang, du moins sous la peau et toutes les caractéristiques de l’hémorragie interne semblent libérées en une seule et même interminable seconde. Les yeux du grosbill se révulsent un instant tandis qu’il paraît pour la première fois éprouver de la douleur. Douleur hélas largement accrue quand ses défenses s’abaissent d’un coup alors qu’il porte sa main valide sur le côté affecté de sa face. Dans un crépitement frisant le dantesque son corps est parcouru d’une indicible onde de choc tandis que les balles du Hitmark le perforent de toute part. Le sang se met à couler, infuse le sol de tâches rougeâtres. Une partie du crâne du VRP vole en éclat, sa main valide est emportée par deux rafales consécutives, son abdomen s’embrase de sang alors que les mitrailleuses poursuivent leur tonnerre écarlate. La poitrine transpercée, le visage emporté par la douleur et les effluves glacées, Lyle est littéralement projeté en arrière, accomplissant un vol plané de deux ou trois mètres qui l’envoie sur une table qu’il explose sous l’impact. Sur le coup, le mobilier de la Cave semble bien plus régénérant que lui car il demeure étendu, immobile, les bras ballants…
Non, bien évidemment, c’est un bourrin : face contre terre, le sang coulant
à flots de ses multiples plaies, la carcasse du colosse s’ébranle. Il parvient
au prix d’un suprême effort à se remettre à quatre pattes, s’appuyant sur
sa main criblée de balles et son avant-bras, là où sa poigne d’acier a été
liquéfiée par son précédent coup. Le sang cesse brusquement de couler, mais ses
vêtement sont infusés de pourpre et de douleur. Il se redresse, secoue la tête et
tourne de nouveau son visage vers le Hitmark. Sa face est un amoncellement
d’impacts et d’os brisés. Sa mâchoire a failli être emportée et un trou
béant en haut du crâne a laissé s’écouler suffisamment de sang pour masquer
son oeil gauche. Son hémorragie ne semble pas non plus guérie mais
qu’importe : son cœur recommence ses battements impromptus.
Ses cheveux, non tâchés de ses propres sécrétions sanguines, sont devenus d’un
blanc inquiétant et… pire que tout, malgré des zygomatiques déchirées, son
infernal sourire reprend progressivement position au coin de sa commissure droite.
Dans un mouvement au début saccadé mais de plus en plus fluide, Lyle est reparti pour un tour.
Le robot, lui, a recommencé son feu nourri sur d’autres adversaires, ne s’inquiétant plus de la marionnette chancelante qui, il y a à peine une minute figurait encore un VRP.
Ledit VRP, d’ailleurs, hausse les épaules, comme un homologue qui lui pique
son allure, et tend sa main trouée pour enserrer une mitrailleuse de sa poigne…
Son cœur s’accélère :
La mitrailleuse cesse de tourner… Et un crépitement se fait entendre. C’est le moteur rotatif qui vient de rendre l’âme… Lyle finit par arracher le tout sans le moindre effort.
Il jette l’arme au loin, d’un ample mouvement condescendant :
« Surtout ne laissez pas les enfants s’en approcher, c’est interdit aux moins de 10 ans… »
Il reprend ensuite sa respiration :
« Diable, j’ai l’impression de ressembler à un mage, moi, maintenant… »
En tout cas, il n’a pas l’intention de s’arrêter en aussi bonne voie. Il ouvre en grand sa mâchoire brisée, semble avoir un premier haut le cœur et brusquement, déverse sur l’épaule de la machine… une substance visqueuse, hautement acide… C’est du suc gastrique, un véritable concentré ! Un mince filet de cette bave infernale coule encore le long du menton de Lyle, rougissant sa propre peau, la brûlant au premier puis au deuxième degré, mais les yeux du VRP sont rivés sur la machine… Quand Lyle prend parti pour quelqu’un, visiblement, il donne le maximum.
Un deuxième vomis, une couche encore plus claire et donc encore plus acide, vient s’écraser en une masse écœurante et malodorante sur la nuque de la machine. Les dents de Lyle ont fondu sous la pression de ses propres enzymes… C’est une épave dorénavant mais son cœur bat à une allure tout aussi rapide que précédemment…
Et comme le Hitmark s’est déchaîné sur Fabien, le grosbill en profite aussitôt pour balancer son bras dans la zone rendue sensible par ses sucs gastriques. Sa main, du moins celle qui n’était plus qu’un moignon est catapultée à pleine puissance vers les organes internes de la créature, à travers les enzymes, la salive, le métal… Rien ne semble lui faire peur… La respiration du VRP est sifflante, son visage est inondé de sang séché, mais il tient toujours…
A ce moment, une petite voix métallique se fait entendre :
« Système moteur endommagé. Gyro endommagé…. »
Puis au bout de quelques secondes de silence…
Un son se fait entendre venant du hitmark immobile.
« tiiiit…. tiiiit…. Tiiiit….
Tiiiit…. » et les yeux du robot clignotent.
La voix métallique reprend : « Charge Tiiit…. Nucléaire
Tiiit…. Tactique Tiiit…. Activée Tiiit…. »
Lyle hausse un sourcil, celui justement qui tient encore debout… Un son émane de sa bouche déchirée et fendue. C’est une sorte de gargouillis. Il ferme son oeil valide, se racle la gorge d’une manière pour le moins écœurante et crache un dernier jet d’acide sur le robot. Là, il peut reprendre de son flegme coutumier :
« Non… Là, c’est vraiment trop classique… Il manque le compteur digital et la lumière rouge ! »
Il pousse un profond soupir blasé et remet sa mâchoire en place d’un geste distrait… Ca ira mieux pour s’exprimer :
« Je m’en charge… Préparez une cafetière… Et des spéculos… Beaucoup de spéculos… Si vous avez des cacahuètes, ce sera bien aussi ! »
Il s’approche du hitmark allongé et plante directement son moignon au travers de la carcasse. Il y a un bruit d’os brisé et de métal froissé à l’intérieur, mais cela n’incommode pas Lyle puisqu’il parvient à soulever le cadavre métallique toujours couché à l’horizontal. Les gestes du VRP techno-mutant-cyber-bourrin sont maladroits vu comment il manie sa charge, mais il parvient non sans mal à ouvrir la porte du bout des doigts rougis de sa main gauche…
« Les spéculos… Si je ne suis pas de retour… Ca servira toujours à quelqu’un d’autre ! »
Il jette un coup d’œil à Gordon, Fabien, son sourire en coin ne l’ayant pas quitté, et il franchit le seuil de la porte, emportant derrière lui le monstre de métal…
- Alors, Monsieur Lyle et si, pour une fois, nous parlions de sujet moins sérieux que
de coutume. Vous avez dû probablement discuter avec beau… bon, attendez, je
vous laisse finir votre spéculos… voilà… oui… votre café et
les cacahuètes, maintenant… très bien, OK… Alors je disais que…
que vous deviez avoir sympathisé avec beaucoup de personnes dans ce bar ?
- Non, j’ai communiqué.
- Ah et avec qui ?
- Pour le bien de mon joueur qui essaie des entrées en matières originales, je vais
effectivement répondre à votre question.
« Wahou, super impressionnant. »
S’il pouvait exister un ton plus flegmatique que celui employé lors de cette court phrase, le type serait probablement une mouche tsé-tsé…
En tout cas, c’est une voix de mâle, pas franchement fraîche ni réveillée qui vient de prononcer l’intégralité de cette tirade sans équivoque.
Sur le pas de la déifique porte se trouve maintenant un individu engoncé dans un costard noir, n’arborant pour toute fantaisie qu’une cravate au chromatisme tout aussi gai et une paire de lunettes de soleil masquant son regard.
En fait, il ressemblerait trait pour trait à un MIB classique s’il ne portait pas à ses côtés une attaché-case et sur le crâne des cheveux complètement blancs coiffés en une courte brosse.
Il semble âgé d’une petite trentaine d’année et se contente de promener alentours un regard vitré perdu au milieu d’un bronzage uniforme probablement d’origine maghrébine.
Visiblement, il n’a cure de Noeva et de son petit manège et se contente de descendre précautionneusement les marches tout en soulevant légèrement ses lunettes pour se frotter les yeux d’un pouce et d’un index gantés.
Ses chaussures sont impeccablement cirés et son costume n’arbore pas une seule poussière. Pourtant ses attitudes trahissent un début de torpeur vu le baîllement négligé qu’il a lorsqu’il s’assied au bar.
Il murmure à mi-voix : « Un café… » avant d’enfouir son visage entre ses bras sur le comptoir.